Situation de l'Agriculture Marocaine en 2006
 


sam2005
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    rrLe contexte national rrContribution de l’agriculture à l’économie (Pdf 300 kb)
    rrMesures de politiques agricoles rrDossier: Les nouveaux défis alimentaires


 


V- CONTRIBUTION DE L’AGRICULTURE A L’ECONOMIE NATIONALE

V-1 L’AGRICULTURE ET LA FORMATION DU REVENU NATIONAL

Dans le cadre du nouveau système de la comptabilité nationale, ayant comme base l’année 1998, le Revenu National Brut (RNB) disponible s’est établi, en Prix Courants, à 622,67 milliards de Dirhams en 2006, et le Produit Intérieur Brut Agricole (PIBA) est estimé à 80,47 milliards de DH. La contribution du PIBA dans la formation du RNB a représenté 12,9% en 2006, contre 11 % l’année précédente (62,6 milliards DH). Cette amélioration de la part du PIBA dans la formation du Revenu National Disponible est due aux bons résultats de la campagne agricole 2005-2006. En effet, le Produit Intérieur Brut propre à l’activité agricole a progressé, en prix courants, de +31,6% entre 2005 (56,46 milliards DH) et 2006 (74,31 milliards DH). Par contre, la composante «Pêche » du PIBA a vu son Produit reculer de 0,3%.

Sur les cinq années allant de 2002 à 2006, le taux moyen de contribution du PIBA dans la formation du Revenu National Brut est de 13,2%. L’année 2003 ayant enregistré la plus haute contribution avec un taux de 14,6%. Sur la même période, la part des activités secondaires dans la formation du RNB reste stationnaire autour d’une moyenne de 23,3% (22,9% en 2006 contre 24,1% en 2005). De même, la part des activités tertiaires fluctue autour de 47%. En contrepartie, le taux de contribution des Revenus Nets reçus de l’Extérieur, s’inscrit dans une tendance croissante depuis 2002 en passant de 5,5% à 7,6% en 2006. A partir de 2004, il commence à représenter plus que la moitié de celui du PIBA.

La contribution du PIBA (prix courants) dans le Taux de Croissance du PIB en 2006, est évaluée à +3,4% contre -2,2% en 2005. La part du Produit Intérieur Brut Non Agricole (PIBNA) dans le Taux de Croissance 2006 est restée du même niveau que celle de l’année précédente soit 6,7%. La dépendance du PIB de la variabilité du PIBA reste encore prédominante.

V-2 L’AGRICULTURE ET LES ECHANGES EXTERIEURS

V-2-1 Exportations

La part des exportations agricoles du Maroc dans les exportations agricoles mondiales oscille autour de 0,3% depuis 1990. Elle a représenté en 2006 prés de 0,28%. Les exportations agricoles du Maroc pour l’année 2006, évaluées à 2.629 millions de $ US, ont progressé sur la période 2000-2006 de l’ordre de 50% et leur part dans les exportations totales de marchandises a représenté 20,7% en 2006 contre 23,5% en 2000. Pour d’autres pays à économie similaire à celle du Maroc, le taux d’accroissement de la valeur des exportations sur la même période est de 126% pour la Turquie et 80% pour le chili, pays dont la valeur des exportations agricoles est très supérieure à celle du Maroc (Cf. tableau ci-après). Il atteint 270% pour la Jordanie et 167% pour la Tunisie, pays pour lesquels la valeur des exportations agricoles est inférieure à celle du Maroc.

ENCADRE

Il reste encore des efforts à accomplir au niveau de la compétitivité des exportations agricoles du Maroc. La compétitivité dépend de nombreux facteurs, notamment la qualité des infrastructures de transports. Selon l’étude « La Logistique du Commerce et la Compétitivité du Maroc » menée par le Ministère de l’Equipement et du Transport en 2006 conjointement avec la Banque Mondiale, « Le prix et la mauvaise qualité du transport interne ajoutés au prix de la traversée Tanger-Algésiras rendent difficilement compétitifs les exportations de produits frais en provenance de la région d’Agadir par exemple.

Le coût de transport Agadir-Espagne est si important qu’il correspond environ au coût de la distance Istanbul-France. Dans ces conditions, le marché potentiel du Maroc, dans ce domaine, est considérablement réduit. » Cette étude rapporte aussi que: « Les coûts logistiques totaux du Maroc s’élèvent à environ 20% du PIB. Or, ce ratio est supérieur à celui des pays de l’Union Européenne y compris ceux qui l’ont rejoint en 2004 (dont le ratio se situe entre 10 et 16%). De grands pays émergents comme le Mexique, le Brésil et la Chine ont, quant à eux, des coûts logistiques de l’ordre de 15 à 17% du PIB. Le Maroc possède ainsi un potentiel de gain de plusieurs points de PIB qui proviendrait d’une logistique plus performante ».

Cette préoccupation est d’autant plus justifiée que la part des exportations agricoles dans les exportations totales de marchandises du Maroc, reste encore importante. Elle est estimée en 2006, à 20,7% pour le Maroc contre 10,1% pour la Turquie, 12,7% pour la Tunisie et 13,6% pour la Jordanie.

V-2-2 Importations

La part des importations agricoles du Maroc dans ses importations totales de marchandises s’inscrit dans une tendance baissière sur la période 2000-2006. Cette part est passée de 16,8 % en 2000 à 14,1 % en 2004 pour finalement chuter à 12% en 2006. Cette tendance se traduit également au niveau de la courbe de l’évolution de la valeur des importions agricoles du Maroc (voir graphique ci-après) qui marque une relative stabilisation de la valeur des importations agricoles entre 2005 et 2006.

Toutefois ce ratio reste élevé par rapport à celui de la Turquie qui est de seulement 5,4% en 2006, et ce, malgré la forte croissance qu’enregistre la valeur annuelle de ses importations agricoles (voir graphique ci-après). Le chili est également dans une situation similaire à celle de la Turquie avec 6,9% de part des importations agricoles dans les importations totales, tout en enregistrant une progression importante dans ses importations agricoles sur la période 2000-2006. Ceci traduit, entre autres, l’effet de l’expansion des importations des autres secteurs de l’économie autres que l’agriculture notamment les biens d’équipement.

V-3 REVENU AGRICOLE ET EMPLOI, EN MILIEU RURAL

Le rapport du Haut Commissariat au Plan sur l’activité, l’emploi et le chômage en 2006, estime la population totale du Maroc à près de 30.509 mille personnes, et le nombre d’actifs à 11.275 mille personnes (+1,2% par rapport à 2005), dont 5.671 milles ruraux (+0,2 % par rapport à 2005). Ainsi, le taux brut d’activité à l’échelle national est estimé à 37,0% et le taux brut d’activité en milieu rural est évalué à 42,2%. Si l’on ne considère que la population âgée de 15 ans et plus, le Taux d’activité de cette catégorie, en milieu rural, atteigne 60,5%. Le bas niveau de la qualification de la population active (approché par le diplôme le plus élevé obtenu) constitue une caractéristique prépondérante dans la mesure où, en 2006, prés de 66,5% de la population active à l’échelle nationale n’a aucun diplôme. Ce taux atteint 86,8% en milieu rural contre 46,0% en milieu urbain.

L’emploi, mesuré par la population active occupée, s’élève en 2006, à prés de 10.212 mille personnes dont 5.472 mille personnes en milieu rural. Près de la moitié (49,4%) des personnes actives occupées à l’échelle nationale sont âgées de moins de 35 ans. Cette proportion est encore plus importante dans les campagnes où elle atteint 53,8%, contre 44,3% dans les villes.

Le taux d’emploi des adultes, mesuré par la part (en pourcentage) des actifs occupés adultes parmi la population totale âgée de 15 ans et plus, s’élève à 46,3%. Ce taux est de 37,8% en zones urbaines et de 58,2% en zones rurales. Le taux d’emploi rural, est plus élevé que celui enregistré en milieu urbain en raison, d’une part, de l’importance relative de la participation féminine à l’activité économique, et d’autre part, de la prédominance du phénomène de l’auto-emploi et de l’emploi» non rémunéré» dans la campagne.

En milieu rural, le statut des aides familiales représentent 47,0% de la population active occupée rurale, suivi par le statut des indépendants qui représente 27,7% et le salariat qui représente 22,1% de l’emploi rural.
Cependant, le statut professionnel de « l’aide familiale » demeure le statut le plus fréquent chez les femmes rurales (avec 83,2% de l’emploi féminin contre 5,5% seulement pour les citadines).

Par secteur d’activité, ‘l’agriculture, forêt et pêche’ absorbe une part importante des actifs occupés notamment en milieu rural. En effet, ce secteur emploie 43,3% des actifs occupés au niveau national, et absorbe en zones rurales 77,8% du total de l’emploi rural, contre seulement 5,3% de l’emploi urbain. Le secteur des «services» vient en deuxième place, avec 36,3% de l’emploi total. Cette proportion atteint seulement 12,0% dans les campagnes contre 63,1%, dans les villes. Quant au secteur industriel, sa contribution dans l’emploi total atteint à peine 12,3%. L’économie nationale étant à vocation agricole, ce pourcentage assez modéré s’explique aussi par le faible poids qu’occupe ce secteur dans les campagnes (4,3% contre 21,2% en milieu urbain). Le secteur du «bâtiment et travaux publics» (BTP), n’emploie de son côté que 8,0% de la population active occupée (10,3% dans les villes et 5,9% dans les campagnes).

Sur le plan de la contribution à la création nette d’emplois en 2006 par les secteurs d’activité économique, le secteur des « Services», a contribué à hauteur de 77,9 % des postes d’emplois créés, suivi par le «BTP» et «l’Industrie», avec respectivement 36,2% et 7,4%. Par contre les secteurs de «l’Agriculture, forêt et pêche» et la branche «Commerce» ont connu, quant à eux, des pertes d’emploi estimées respectivement à -16,6% et à 4,8% des emplois créés en 2006.

 
 

 

 




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