| Situation de l'Agriculture Marocaine en 2006 |
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I- LE CONTEXTE INTERNATIONAL I-1 PERFORMANCES GLOBALES DE L’ECONOMIE MONDIALE Pour la troisième année consécutive l’économie mondiale a enregistré en 2006 un taux de croissance vigoureux évalué à 5,4%, en nette augmentation par rapport à l’année précédente dont le taux de croissance est établi au niveau de 4,9%. Les pays émergents et en développement ont continué à enregistrer des performances fortes en 2006, en atteignant un taux de croissance de 7,9 % après 7,5% en 2005. Parmi les pays en développement, la croissance forte et soutenue de la Chine et de l’Inde a engendré une plus grande croissance endogène qui s’est manifestée, entre autres, par une augmentation continue de la demande pour les produits de base et les produits énergétiques ainsi qu’une hausse significative et soutenue de leurs prix. Cependant, les études de perspectives des Nations Unies, estiment qu’en dépit de l’amélioration des conditions économiques internes et du raffermissement des liens intra-régionaux, la majeure partie des pays en développement demeure vulnérable aussi bien à tout ralentissement dans les économies dominantes qu’à la volatilité des marchés financiers internationaux et ceux des produits de base. Selon le rapport du FMI, l’expansion aux Etats-Unis a fléchi en raison d’un ralentissement brutal du marché du logement, mais la baisse des cours du pétrole depuis août 2006 a soutenu les dépenses de consommation. Dans la zone euro, la croissance s’est accélérée pour atteindre son rythme le plus rapide depuis six ans, grâce au raffermissement de la demande intérieure. Au Japon, l’activité s’est redressée vers la fin de l’année, après un passage à vide au milieu de l’année. En Afrique, l’évolution de la croissance a été globalement positive, grâce essentiellement à la poursuite des progrès dans la consolidation de la stabilité macroéconomique. Au Maghreb, l’amélioration de la production agricole, ainsi que la reprise de la demande européenne ont permis une accélération de la croissance, notamment au Maroc, où elle est passée de 2,4% à 8% et en Tunisie, où elle a atteint 5,3% au lieu de 4% en 2005. En Algérie, elle est, en revanche, revenue de 5,3% à 2,7%, en raison de la réduction de la production d’hydrocarbures, suite à des travaux de maintenance. Les bonnes performances de l’activité économique mondiale ont contribué à renforcer l’expansion du commerce mondial de marchandises qui s’est accru à un rythme rapide en 2006. Cette expansion est caractérisée par une augmentation importante et continue de la valeur des flux de commerce de pétrole et de produits de base non pétroliers, principalement due à des prix plus élevés de ces produits de base, mais aussi par un accroissement notable du volume des flux de commerce de biens d’équipement tiré par la reprise de l’investissement global. La croissance en volume des exportations mondiales est estimée à un peu moins de 10 % en 2006 contre 7,3 % en 2005. La valeur des exportations mondiales a cru de 16 pour cent. La croissance des exportations mondiales a représenté plus de deux fois celle du produit mondial, ce qui indique une plus grande accentuation du degré d’intégration économique mondiale. Malgré la baisse significative ayant suivi le pic atteint en août, les cours moyens du pétrole ont été 20 pour cent plus élevés que la moyenne enregistrée en 2005. Les cours des métaux de base et des minéraux ont augmenté de façon plus importante. Seuls les cours d’un certain nombre de boissons et de produits alimentaires ont connu une certaine modération. Cependant, les cours des produits de base sont devenus plus volatiles en 2006. I–2 CONJONCTURE DES MARCHES INTERNATIONAUX DES PRODUITS AGRICOLES I–2–1 Les Céréales Les estimations de la FAO concernant la production mondiale de l’année civile 2006 s’établissent à 592 millions de tonnes, soit près de 33 millions de tonnes (5,3 pour cent) de moins qu’en 2005 et au-dessous de la moyenne des cinq dernières années. En Europe, l’été chaud et sec a compromis les rendements dans plusieurs grands pays producteurs de l’Union européenne. En Australie, du fait de la grave sécheresse enregistrée dans la plupart du pays pendant la période de végétation; la récolte a atteint 44 pour cent de la moyenne des cinq dernières années. En Amérique du Sud, la vague de sécheresse qui a sévi en Argentine a réduit les perspectives de rendement du blé. Au Brésil, les difficultés financières des producteurs ont en grande partie contribué à la régression importante des semis, ce qui, conjugué au mauvais temps, a entraîné une baisse de 50 pour cent de la récolte en 2006. Toutefois, la plupart du recul de la production mondiale de blé enregistré en 2006 s’explique par une diminution des récoltes dans certains grands pays producteurs de l’hémisphère Nord. Cela est particulièrement valable pour la Fédération de Russie, l’Ukraine et les États-Unis, où de mauvaises conditions météorologiques au début de la campagne ont affecté les superficies ensemencées et entravé le développement précoce des cultures. Les volumes de blé produits en 2006 ont augmenté uniquement en Asie et en Afrique. En Asie, la production totale a progressé de près de 3 pour cent, en raison principalement des récoltes plus importantes en Chine, en Inde et au Kazakhstan. En Afrique du Nord, les conditions météorologiques pendant la campagne 2006 ont été nettement meilleures que l’année précédente et ont favorisé une forte reprise de la production. En dépit d’un recul de la production mondiale de blé en 2005, l’utilisation mondiale de blé en 2005/2006 a atteint 623,2 millions de tonnes, soit 4,4 millions de tonnes de plus que la campagne précédente. Elle reste légèrement au dessus de la tendance sur dix ans. Globalement, la hausse des cours mondiaux en 2005/2006 n’a pas agi sur la demande. La consommation alimentaire de blé est estimée à 442,4 millions de tonnes en 2005/2006, soit un pour cent de plus que pour la campagne précédente. Cette modeste augmentation était suffisante pour maintenir la consommation mondiale moyenne par habitant à un niveau stable, à savoir 69 kg environ. Le commerce mondial de blé en 2005/2006 (juillet/juin) avoisine 110,1 millions de tonnes, contre 110,8 millions de tonnes la campagne précédente. Le recul de la production de blé en 2005, la croissance de la consommation intérieure dans de nombreux pays sont, pour l’essentiel, à l’origine de la fermeté de la demande sur le marché international en 2005/2006. Ainsi, les cours internationaux du blé ont poursuivi leur tendance à la hausse pendant la plus grande partie de la campagne commerciale 2005/ 2006. La montée des prix s’est accélérée au début du quatrième trimestre 2006 avec la dégradation des perspectives de production de la campagne 2006/2007, en particulier dans plusieurs pays exportateurs de blé. En octobre 2006, les préoccupations quant aux récoltes de blé des principaux pays producteurs de l’hémisphère Sud (notamment de l’Australie durement touchée par la sécheresse) ont encore raffermi les prix. En novembre 2006, les prix à l’exportation du blé dur américain étaient cotés à 219 dollars E.U. en moyenne, soit plus de 52 dollars E.U. (31 pour cent) de plus que l’année précédente. L’évolution des prix du blé a été soutenue aussi par la hausse constante des cours du maïs et les achats importants des fonds spéculatifs. A la fin de novembre 2006, les prix du blé tendre ont atteint 191 dollars E.U la tonne, soit 73 dollars EU la tonne (62 pour cent) de plus qu’en 2005. La production mondiale de céréales secondaires de l’année 2006 s’établit à 981 millions de tonnes, soit 2,1 pour cent de moins qu’en 2005 mais au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. La récolte mondiale de maïs de 2006 est estimée à 694 millions de tonnes, soit 2,2 pour cent de moins que le volume de l’année précédente. Le gros de cette baisse s’explique par les baisses de récoltes en Argentine, en Afrique du Sud et aux États-Unis. S’agissant de l’orge, la production mondiale de 2006 est estimée à environ 139 millions de tonnes, volume pratiquement inchangé par rapport à 2005 et légèrement au-dessous de la moyenne sur cinq ans. Malgré la reprise de la production dans l’Union européenne, l’été chaud et sec a affecté les rendements dans plusieurs pays. Les récoltes abondantes enregistrées en Fédération de Russie et en Ukraine n’ont pas eu d’impacts sur la production mondiale à cause du recul de la production d’orge de 2006 au Canada et aux Etats-Unis. L’utilisation mondiale de céréales secondaires en 2005/2006 est établie à 998,7 millions de tonnes, soit une légère augmentation par rapport à 2004/ 2005. La contraction de l’utilisation fourragère, qui représente presque 60 pour cent de l’utilisation totale des céréales secondaires, est essentiellement responsable du ralentissement de la croissance de l’utilisation totale de céréales secondaires. L’utilisation fourragère mondiale est évaluée à 624,3 millions de tonnes en 2005/2006, représentant une diminution de 11 millions de tonnes par rapport au niveau estimatif de 2004/2005. Le commerce mondial de céréales secondaires en 2005/2006 (juillet/ juin) est évalué à 105 millions de tonnes, de même niveau que la campagne précédente. Le fort recul de la production de maïs constaté en 2006 aux États-Unis, alors que les demandes dans l’alimentation animale, dans le secteur industriel et pour l’exportation ne cessent d’augmenter, a entraîné un resserrement de l’offre intérieure et une flambée des prix. Le marché s’est caractérisé par une nette réduction des disponibilités exportables de maïs de plusieurs pays exportateurs. En novembre 2006, le prix à l’exportation du maïs américain (no.2, jaune) se chiffrait en moyenne à 164 dollars E.-U. la tonne, soit 70 % de plus qu’en 2005. S’agissant des autres céréales secondaires, les prix sont aussi restés fermes pendant la campagne, bénéficiant en partie de la situation pour le maïs. ENCADRE De 2000 à 2005, la production d’éthanol à base de maïs aux États-Unis s’est accrue de 150 pour cent, et l’on prévoit une nouvelle augmentation de 20 pour cent en 2006. Il existe actuellement une centaine d’usines d’éthanol en opération dans 20 États dans tout le pays et 42 usines supplémentaires sont en cours de construction, tandis que sept autres sont agrandies. Cette évolution commence à avoir des implications notables pour les quantités de maïs disponibles pour d’autres utilisations, notamment dans le secteur fourrager intérieur, mais aussi pour les exportations, sachant que les États-Unis sont le premier importateur mondial de cette céréale. Au début de la décennie, le volume de maïs utilisé dans la production d’éthanol aux États-Unis atteignait à peine 6 pour cent de la production intérieure, alors qu’en 2005, il s’élevait à 14 pour cent et selon le Département de l’agriculture des États-Unis, il va bientôt atteindre 20 pour cent (55 millions de tonnes environ), pourcentage proche de celui des exportations américaines prévues en 2006/2007. La production mondiale de riz de la campagne 2005/ 2006 est estimée à 421,9 millions de tonnes, en légère hausse par rapport à 2004/ 2005. Une série de calamités naturelles et phytosanitaires, sous forme de typhons, de sécheresse, d’inondations, de maladies et d’infestations d’insectes, ont gâté les perspectives concernant la récolte de riz de 2006. La sécheresse persistante qui a touché plusieurs pays d’Asie, notamment la Chine, et les inondations de mousson du mois d’Août 2006 dans le cas de l’Inde, ont été à l’origine de la faiblesse des récoltes. A l’exception de l’Afrique qui a enregistré une augmentation de 6% par rapport à 2005, la production de l’Amérique du Sud a accusé une contraction de 6,5 %, sous l’effet des mauvais résultats au Brésil, qui est le plus grand producteur de la région. En 2006, l’utilisation mondiale de riz a enregistré une légère augmentation de la consommation de riz par habitant, qui est passée de 56,9 kg en 2004/2005 à 57,0 kg en 2005/2006. Toutefois, cette augmentation s’est concentrée pour l’essentiel dans les pays développés, où la demande par habitant marque une forte tendance en hausse depuis quelques années. En revanche, les disponibilités de riz par habitant sont restées généralement inchangées dans les pays en développement, soit environ 68,7 kg. Les échanges de riz dans le monde au cours de l’année 2006, ont reculé de l’ordre de 2,5 % pour s’établir à 28,6 millions de tonnes. Ce repli par rapport aux résultats exceptionnels de 2005 s’explique en partie par un affaiblissement général de la demande d’importation des pays d’Afrique, où de bonnes récoltes ont été enregistrées en 2005. Le marché international du riz a été vigoureux durant l’année 2006. L’indice FAO des prix du riz, a gagné un point chaque mois, passant de 108 en juin 2006 à 111 en septembre et octobre puis 113 en novembre 2006. Cette fermeté des cours a dominé tous les segments du marché du riz en raison principalement de la contraction des disponibilités dans les pays exportateurs. 1-2-2 Le sucre La production mondiale de sucre s’est établie à 149,1 millions de tonnes en 2005/2006 soit seulement 2,7 % de plus que 2004/2005 attribués essentiellement à l’augmentation de la production des pays en développement, particulièrement l’Inde dont la production a cru de 46 pour cent de plus qu’en 2004/2005. La stagnation de la production au Brésil en raison principalement des conditions météorologiques défavorables, la baisse de la production au Mexique et aux Etats-Unis due aux ouragans Stan et Katrina et la baisse de la production de la Chine ont fait de l’année 2006 la troisième année déficitaire successive. La consommation mondiale de sucre en 2005/2006 est estimée à 149,9 millions de tonnes, en hausse de 1,9 pour cent par rapport à 2004/2005 (147,2 millions de tonnes), mais en recul toutefois par rapport au taux de croissance annuel de la consommation qui était, en moyenne, de 2,5 pour cent sur les dix dernières années. Ce résultat est en grande partie attribuable à l’augmentation des prix du sucre qui a suscité une contraction de la demande. Celle-ci reste toutefois soutenue par la poursuite de la croissance de la consommation dans les pays en développement, en particulier en Chine et en Inde où la poussée sensible de la demande est sous-tendue par d’excellentes performances économiques. Par contre, dans les pays développés, la consommation par habitant a régressé ces dix dernières années, traduisant la crainte de problèmes de santé liés à la consommation élevée de sucre. La consommation globale dans les pays en développement en 2005/2006 a marqué une hausse de 2,6 pour cent, contre 0,4 pour cent dans les pays développés. Les cours internationaux du sucre ont baissé durant l’année 2006 par rapport aux niveaux élevés des 25 dernières années. La chute marquée des prix en 2006, est en particulier due à la perspective d’une production meilleure que prévue en 2006/2007, au recul des prix du pétrole et une moindre spéculation de la part des grands fonds commerciaux. Le prix quotidien de l’Accord international sur le sucre (AIS) a atteint en moyenne 13,86 cents E.-U. la livre, pendant le troisième trimestre 2006, soit 18 pour cent de moins que pendant le premier trimestre, où il avait atteint en moyenne 16,98 cents E.-U. la livre. Cette tendance baissière s’est poursuivie en septembre et octobre 2006 avec des moyennes mensuelles de l’AIS égales, respectivement, à 12,08 cents E.-U. et 11,64 cents E.-U. la livre. 1-2-3 Les produits oléagineux et dérivés Avec 400 millions de tonnes, la production mondiale de graines oléagineuses de 2005/2006 a augmenté de 2,3 %, ce qui représente un ralentissement considérable de la croissance, comparée à la hausse enregistrée précédemment qui avait atteint plus de 12% entre 2003/04 et 2004/05. La hausse modeste de la production de soja, de 1,2%, est à l’origine de cette faible croissance. En effet, aux États-Unis, principal producteur mondial de soja, la production a même légèrement reculé en raison d’une contraction de la superficie récoltée par rapport à la campagne précédente. Elle a baissé également au Brésil, où les agriculteurs sont confrontés à des hausses considérables des coûts de production. La production mondiale d’huiles/de matières grasses a augmenté de 4,2% en 2005/2006. Cette augmentation a concerné principalement l’huile de tournesol et l’huile de palme. Les disponibilités mondiales d’huiles et de matières grasses (c’est-à-dire, stocks de clôture de 2004/2005 plus production de 2005/2006) ont progressé de 5,6% par rapport à la dernière campagne. En ce qui concerne les farines/tourteaux, la production mondiale a augmenté de 2% pour cent pendant la campagne 2005/2006 (contre 14 pour cent en 2004/2005), reflétant essentiellement la progression relativement faible de la production mondiale de soja. En 2005/2006, l’utilisation mondiale d’huiles/matières grasses et de farines/tourteaux a augmenté respectivement de 5% et de 3%, soutenue par la hausse des revenus et la croissance démographique en Chine et dans d’autres pays de l’Asie du Sud-est. La part de la Chine dans la consommation mondiale d’huiles et de matières grasses a dépassé 18%. Il est prévu que la demande mondiale d’huiles et de matières grasses, tant à des fins alimentaires que non alimentaires, connaisse à l’avenir une forte expansion. L’utilisation à des fins énergétiques devrait continuer d’augmenter, sous l’effet des mesures d’incitation des gouvernements et d’autres mesures de soutien du secteur public, notamment dans l’Union européenne et aux États-Unis, tandis qu’elle débute dans divers autres pays, notamment en Argentine, au Brésil, au Canada, en Indonésie, en Malaisie et aux Philippines. Les principales huiles concernées sont l’huile de soja et l’huile de colza et dans une moindre mesure l’huile de palme voire l’huile de coco. Pendant l’année 2006, les prix des graines oléagineuses ont progressé par suite de prévisions faisant état d’une croissance seulement modeste de la production oléagineuse en 2006/2007, et de la hausse de la demande. A fin novembre 2006, les contrats à terme portant sur le soja livrables en mars étaient supérieurs à la valeur correspondante pour 2005 de 23 pour cent. Pendant le troisième trimestre 2006, les indices des prix de la FAO pour les Huiles/ Matières grasses et les Farines/Tourteaux dépassaient, respectivement, de 10 et 30 pour cent les niveaux enregistrés l’année précédente à la même période. Cette hausse a été plus prononcée pour les prix des farines et des tourteaux qui ont été influencés par une forte augmentation des cours mondiaux du blé et des céréales fourragères. 1-2-4 Les agrumes La saison 2005-2006 a été marquée par une légère baisse de la production mondiale des agrumes par rapport à la saison précédente avec des différences de production entre les régions. La production de l’hémisphère Nord a connu une légère baisse du tonnage qui est passé de 67.565.000 tonnes en 2004/2005 à 67.189.000 tonnes en 2005-2006. En effet, la production américaine a traversé une période particulièrement difficile après deux campagnes marquées par des cyclones qui ont favorisé la recrudescence des problèmes phytosanitaires dans les principaux Etats producteurs notamment la Floride. En Espagne l’effet de la gelée du début de l’année 2005 a affecté la production espagnole malgré l’augmentation des surfaces de production. Le tonnage produit a chuté de prés de 13%. En Chine la production des agrumes a diminué aussi à cause du froid et des typhons. Dans l’hémisphère sud, la production agrumicole a connu également une légère baisse (27.228.000 tonnes en 2004/05 contre 26.953.000 tonnes en 2005/06) notamment au Brésil et en Afrique du sud à cause de la sécheresse et des difficultés économiques de ces dernières années qui ont entrainée une diminution des surfaces du verger. Les exportations mondiales d’agrumes ont progressé modérément en 2005-06 par rapport à la saison précédente. Aux Etats-Unis, les exportations d’agrumes frais de la campagne 2005/06 sont restées à leur faible niveau enregistré en 2004/05, inférieur à la performance de la campagne 2003/04, à la suite de la mauvaise récolte californienne. En revanche les volumes exportés ont augmenté en Espagne, en Afrique du Sud, en Turquie et au Maroc. Les prix de gros des agrumes frais ont connu, pour certaines variétés, une légère augmentation sur les marchés européens par rapport au niveau des prix de la saison 2004 notamment pour la clémentine. Les prix des oranges à usiner aux Etats-Unis et au Brésil ont connu une hausse tout au long de l’année 2005 et dans le premier semestre de 2006. 1-2-5 Lait et produits laitiers La production mondiale de lait en 2006 a atteint prés de 657 millions de tonnes, soit 2,2 % de plus qu’en 2005. La majeure partie de l’expansion de la production mondiale provient des pays en développement, notamment de la Chine où la production laitière a plus que doublé au cours des cinq dernières années avec des taux de croissance dépassant 20% et l’Inde, premier pays producteur mondial de lait, avec une production qui progresse de plus de 3 pour cent par an. La production des pays d’Amérique du Sud, enregistre une augmentation de 4 pour cent. En revanche, dans les pays développés, la croissance est presque nulle en 2006 (0,4%). La production a fléchi en Australie et dans l’Union européenne, mais a progressé en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis. Les pays développés continuent de perdre des parts du marché. La hausse des prix constatée ces trois dernières années a stimulé la croissance parmi les nouveaux producteurs et exportateurs laitiers à faible coût. En 2006, l’Asie a pris la place de l’Europe en tant que première région productrice de lait au monde et assure aujourd’hui 34 pour cent de la production mondiale. La croissance de la production, de l’ordre de 5% par an, a été suscitée par Sam 2006 la forte poussée de la demande de lait et de produits laitiers dans la région, conséquence d’une vigoureuse croissance économique. En équivalent lait, le total des échanges de lait a faiblement progressé en 2006 par rapport à 2005. Le recul des exportations de l’Union européenne constitue l’un des principaux facteurs ayant eu un impact sur les cours des produits laitiers au niveau des marchés internationaux. Les cours internationaux des principaux produits laitiers commercialisés ont baissé durant l’année 2006. L’indice FAO des cours internationaux des produits laitiers (1998-2000 = 100) est tombé à 132 en septembre 2006 après avoir atteint 148 en septembre 2005, son plus haut niveau depuis 15 ans. Cependant, devant la fermeté de la demande sur les produits laitiers, notamment dans les régions d’Asie caractérisées par une croissance rapide, et en certains endroits d’Afrique du Nord tel que l’Algérie, l’indice est remonté au mois d’octobre 2006 de 4 points pour s’établir à 136. Cette montée des cours s’est poursuivie avec une ampleur remarquable se traduisant par une progression rapide de l’indice FAO des cours internationaux des produits laitiers qui a gagné 46% entre novembre 2006 et avril 2007 pour atteindre une valeur record de 213. Les cours du lait écrémé en poudre et du lait entier en poudre ont augmenté de 56 et 61 pour cent respectivement depuis novembre 2006 à avril 2007. L’importance de la flambée des prix du lait en poudre est en grande partie attribuable à l’épuisement des stocks publics de l’Union européenne (UE). I-3 ETAT DES NEGOCIATIONS AGRICOLES A L’OMC Après des avancées très limitées lors de la Conférence de Hong Kong (décembre 2005), les discussions multilatérales sur le commerce dans le cadre du Cycle de Doha ont été suspendues en juillet 2006 à la suite des différends entre les acteurs majeurs du commerce, spécialement dans le domaine de l’accès aux marchés agricoles et non agricoles ainsi que la perception générale selon laquelle les avantages économiques et commerciaux de tout accord ne dépasseraient pas les coûts politiques associés aux concessions additionnelles sur des sujets très sensibles sur le front politique interne. Même si au lendemain de la suspension des discussions, aucun accord sur les prochaines étapes du processus de négociations n’a été conclu, des efforts ont été consentis afin de parvenir à un consensus sur la reprise du Cycle de Doha. Ainsi, une phase d’échanges informels a marqué le second semestre 2006, qui s’est accélérée à la fin de l’année 2006. Après la réunion de Davos (fin janvier 2007), au cours de laquelle les ministres du commerce d’une trentaine d’Etats membres de l’OMC ont marqué leur volonté de voir aboutir le Cycle, les négociations ont été relancées début février 2007. Aucune échéance précise n’a cependant été fixée et les divergences persistent. Les pays émergents exportateurs de produits agricoles rassemblés dans le G20 ont fait des baisses des subventions agricoles américaines leur cheval de bataille. Tandis que les Etats-Unis continuent d’adopter une attitude très offensive visant à gagner beaucoup sur l’accès aux marchés intéressant ses exportateurs pour faire passer des concessions sur le soutien interne. Il en a résulté une proposition des Etats-Unis plus extrême en matière d’accès au marché que celle du G20 et une position très frileuse sur le soutien interne. |
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