| Situation de l'Agriculture Marocaine en 2005 |
IV-2- PRODUCTION ANIMALE 2-1 EFFECTIFS ET STRUCTURE DU CHEPTEL Le recensement du cheptel national par l’enquête de mars/avril 2005 a fait établir les effectifs, pour les bovins, ovins et caprins respectivement à 2.722, 16.872 et 5.332 milliers de têtes. Par rapport au recensement de la campagne précédente, ces effectifs sont en diminution de 0,26% pour les bovins, de 0,91% pour les ovins, et de 0,5% pour les caprins. Comparés à la moyenne des effectifs des cinq dernières années, et les bovins et caprins ont augmenté respectivement de 1,5 et 2,88% tandis que les ovins ont connu une sensible baisse de 0,26%. En ce qui concerne l’effectif des femelles reproductrices bovines, il a enregistré une progression de 9% par rapport à la campagne précédente en atteignant 1 471 200 têtes. 2-2 ALIMENTATION DU BÉTAIL Les disponibilités alimentaires pour le cheptel sont essentiellement basées sur les apports des sous-produits de cultures et jachères, des parcours naturels et sous forêts, des grains de céréales, des cultures fourragères et des sous-produits de l’agro-industrie. Le bilan fourrager et la contribution de chaque ressource alimentaire dans la couverture des besoins du cheptel dépendent des conditions climatiques et des résultats de la récolte céréalière. Les disponibilités alimentaires en année favorable sont estimées en moyenne à 14 milliards d’unités fourragères (UF). En année défavorable, le disponible n’excède pas les 10 milliards d’U.F. Les disponibilités au titre de la campagne 2004-2005 sont de l’ordre de 11,4 milliards d’U.F. Les sous-produits de la céréaliculture (paille et chaumes), qui constituent l’essentiel des sous-produits des cultures, ont assuré durant la campagne 2004-2005 un apport alimentaire de l’ordre de 2,86 milliards d’unités fourragères ce qui a représenté environ 25% de la totalité des ressources disponibles, contre 32% la campagne précédente (4,4 milliards d’UF). La consommation des céréales, particulièrement l’orge et le maïs, a représenté dans le bilan fourrager 2,69 milliards d’UF ce qui correspond à prés de 24% de l’ensemble du disponible fourrager. Concernant la contribution des cultures fourragères dans l’alimentation du cheptel, elle est demeurée autour de 1,54 milliards d’UF, soit en 2004-05 prés de 13,5 % des besoins du cheptel. Les cultures fourragères ont couvert une superficie de 407.500 ha, dont 222.880 ha cultivés en zones d’agriculture pluviale, essentiellement l’orge fourragère (106.800 ha) et l’avoine (84.250 ha). En irrigué, la culture de la luzerne a occupé une superficie de l’ordre de 100.530 ha ayant permis de procurer de l’ordre de 0,9 milliard d’unités fourragères. Les autres principales cultures fourragères irriguées sont le bersim sur 49.100 ha et le maïs fourrager sur 19.000 ha. L’agro-industrie qui dégage un éventail assez large de sous-produits, notamment le son, la pulpe de betterave et les tourteaux, fourni l’équivalent de 2 milliards d’unités fourragères. Cependant, leur valorisation dans l’alimentation animale n’a concerné que l’équivalent de 1,4 milliards d’UF, soit 12,3% des besoins du cheptel. Les terrains de parcours et les sous forêts assurent le reste des besoins alimentaires du cheptel soit environ 3 milliards d’unités fourragères. Suite aux conditions défavorables qui ont caractérisé la campagne 2004-2005, et qui ont eu un effet négatif sur les disponibilités fourragères dans la majorité des provinces du royaume, une opération de prise en charge des frais de transport d’une quantité de 2 millions de quintaux d’orge a été lancée au mois de janvier 2005. Cette opération a été exécutée au profit de 38 provinces situées dans les zones de Tensift, du Sud de l’oum Er-rabiaa, du Sud-Est et de l’Oriental. Au 15 décembre 2005, les quantités d’orge transportées dans le cadre de cette opération ont atteint 805500 qx environ soit 43,7% des quantités programmées. Dans le même sens et afin de permettre aux éleveurs de disposer sur le marché local d’aliments de bétail à prix abordables à travers l’approvisionnement régulier et suffisant du marché, deux mesures ont été mises en œuvre: • Une suspension provisoire des taxes et droits de douanes à l’importation d’orge pour la période allant du mois de mai au mois de décembre 2005. • Une réduction à 2,5% des droits de douanes sur le manioc, l’avoine et les drêches de brasseries a été appliquée à ces aliments depuis le 21 juillet 2005. Cependant, les prix des aliments du bétail se sont inscrits en hausse par rapport à l’année précédente sous l’effet du déficit pluviométrique enregistré en 2005. Cette hausse a été considérable pour le prix de la paille et des foins en raison de: • La diminution de la production pastorale qui a généré une forte demande pour ces denrées en vue de combler de déficit en ressources pastorales; • La diminution de la production des céréales, notamment celle du blé (-53%) et de l’orge (-58%) par rapport à la campagne précédente. Encadré: PROJETS DE MISE EN VALEUR DES TERRAINS DE PARCOURS Les parcours, d’une superficie approximative de 53 millions d’ha dont 21 millions aménageables, jouent un rôle important dans l’alimentation du cheptel ovin, caprin et bovin de race locale. Ils constituent également un réservoir de diversité génétique, floristique et faunistique et des bassins d’accumulation et d’infiltration de l’eau. Ces parcours ne cessent de se dégrader sous l’effet de nombreux facteurs anthropiques (défrichements, surpâturage et arrachage des ligneux) aggravés par les phénomènes de sécheresses récurrentes qu’a connus le pays. Pour faire face à cet état, le Département de l’Agriculture a mis en œuvre un programme d’aménagement et d’amélioration des espaces pastoraux concrétisé par la réalisation de projets intégrés de développement des parcours. en plus des activités agricoles et agropastorales. 1- PROJET DE DEVELOPPEMENT RURAL DE TAOURIRT-TAFOUGHALT (PDRTT) La zone du projet comprend 13 communes rurales appartenant à trois provinces à savoir Berkane-Taourirt (Tafoughalt, Sidi Bouhria, Rislane, Mechraâ Hammadi, Aïn Lahjar, Tancherfi, Mestegmer, Melg El Ouidane, Ahl Oued Zaet Goutitir), Jerada (Sidi Lahcen et Sidi Belkacem) et Oujda-Angad (Sidi Moussa). Elle correspond à une plaine enclavée entre deux chaînes de montagnes: les Béni Snassen au Nord et les Horsts au Sud. Elle s’étend sur646.000 ha avec une population de 100.780 habitants soit 14.000 ménages répartis en 283 douars. Le PDRTT vise principalement l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs vivant principalement de l’activité d’élevage, par l’augmentation de la production agricole et pastorale. Le coût global du projet est évalué à 444,6 millions de DH dont 219,6 millions de DH sont assurés par le Gouvernement du Maroc, 175,5 millions de DH financés par le FIDA et 49,5 millions de DH financés par les bénéficiaires. Le projet a été mis en œuvre à partir de 1998 pour une durée de huit années. Les principales composantes du projet sont: • le développement pastoral et sylvo-pastoral, Les principales réalisations ont porté sur: • L’amélioration du tapis végétal par les travaux de plantation d’arbustes fourragers (16.950 ha), l’ensemencement d’espèces pastorales (1.150 ha), l’amélioration de la jachère (10.620 ha)et la mise en repos des parcours (12.725 ha); 2- PROJET DE DEVELOPPEMENT DES PARCOURS ET DE L’ELEVAGE DANS L’ORIENTAL(PDPEO) PHASE II Le Projet de développement des parcours et de l’élevage dans l’Oriental phase II a été identifié et évalué en 2002. Il cible les populations les plus pauvres des zones rurales défavorisées relevant de 11 communes rurales appartenant à trois provinces: Figuig (Beni Guil, Tendrara, Maâtarka et Abou Lakhal), Taourirt (Al Ateuf, Oulad Mhamed, Merija et Ouled Ghziel) et Jerrada (Ain Beni Mathar, Oulad Sidi Abdelhakem et Tiouli). La zone du projet s’étend sur une superficie de 3,8 millions d’ha (dont 95% sont constitués de parcours et de forêts) avec une population de 100.000 habitants (y compris le centre urbain de Bouarfa). Ce projet vient pour consolider les acquis atteints durant la première phase qui s’étend de 1990 jusqu’à 2000 et pour valoriser les productions pastorales de l’Oriental. Le coût global du projet est évalué à 83 millions de DH dont 21,33 millions de DH sont assurés par le Gouvernement du Maroc, 57,2 millions de DH financés par le FIDA, 1,52 millions de DH financés par les bénéficiaires et 2,95 millions de DH financés par d’autres bailleurs de fonds. Les objectifs spécifiques du projet sont: (i) le renforcement des capacités institutionnelles et financières des coopératives pastorales ainsi que la capacité d’intervention des structures de proximité du département de l’agriculture, (ii) le développement et la vulgarisation des systèmes améliorés d’exploitation des parcours et de production d’élevage et (iii) L’amélioration et la diversification des revenus agricoles et non agricoles des groupes les plus vulnérables. Les composantes du projet s’articulent autour de (i) la consolidation des acquis institutionnels et du savoir faire notamment la préparation d’un schéma directeur de développement de l’économie rurale dans l’Oriental, la gestion de l’information et du savoir faire, le renforcement des capacités et des structures d’encadrement, (ii) la promotion du partenariat et (iii) la valorisation des productions de l’Oriental notamment l’appui aux services financiers de proximité, le développement de marché et la valorisation de la filière ovine. L’année 2005 étant l’année de démarrage du projet elle a connu la mise en place de la Direction du Projet et la délimitation de la zone du projet qui intègre deux nouvelles communes d’Abou Lakhal et Tiouli. Les réalisations ont porté sur la poursuite des études de bases et le lancement des actions mobilisatrices notamment les travaux d’amélioration des parcours et de lutte contre l’ensablement sur 15 ha et la création d’une réserve d’armoise de 800 ha. Elles ont porté, également, sur le lancement des plans de développement des coopératives (PDC) qui sont élaborés selon une démarche participative dont les étapes sont: 3- PROJET DE CONSERVATION DE LA BIODIVERSITE PAR LA TRANSHUMANCE DANS LE VERSANT SUD DU HAUT ATLAS (CBTHA) Le projet de Conservation de la Biodiversité par la Transhumance dans le versant sud du Haut Atlas, d’une durée de sept années, a démarré en Juillet 2001. Il s’inscrit dans le cadre de la collaboration entre le PNUD, le FEM et le Gouvernement du Maroc. Il a pour finalité la conservation de la biodiversité dans le versant sud du Haut Atlas par l’utilisation durable des terres, la relance de la transhumance et le développement participatif local. La maitrise d’œuvre du projet est assurée par l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole d’Ouarzazate. Le projet dont le coût global s’élève à 87,3 millions de DH, a pour objectifs spécifiques (i) la conception et la mise en œuvre des plans intégrés de conservation de la biodiversité et de gestion durable (ii) l’offre d’incitations pour la conservation de la biodiversité et la transhumance et (iii) l’intégration des questions de biodiversité dans le débat politique aux niveaux provincial et national. Il concerne 13 Communes Rurales et 3 Communes Urbaines. Trois groupes ethniques sont impliqués: les Aït Sedrate de Boumalne Dades, les Mgoun de Kelâa Mgouna et les Imeghrane de Toundoute. La population totale, estimée à 205.000 habitants, est composée essentiellement d’agriculteurs sédentaires oasiens; mais comporte une part non négligeable de foyers transhumants et nomades (1000 à 1200 foyers) et d’agro pasteurs. Les mécanismes d’intervention du projet «CBTHA» reposent sur l’élaboration et la mise en œuvre participatives de «Plans intégrés de conservation de la biodiversité et de gestion durable» (PICB&GD) et la sensibilisation de la population, des usagers des ressources et des différents partenaires pour une meilleure intégration des aspects de conservation de la biodiversité dans les différents programmes et schémas de développement. La démarche suivie pour l’élaboration du PICB&GD est divisée en quatre phases principales: • Phase de documentation et d’analyse des différentes études sectorielles de base réalisées pour la zone. Cette partie est d’une importance capitale ayant pour but la valorisation des acquis et la prévision des investigations supplémentaires susceptibles de combler les lacunes identifiées. • Phase du diagnostic qui inclut plusieurs étapes: (a) aspects organisationnels et de logistique, (b) réalisation du diagnostic préliminaire, (c) choix définitif des groupes d’intérêt, et (d) réalisation du diagnostic approfondi au niveau des groupes d’intérêts ciblés. • Phase d’analyse et de compilation des résultats des diagnostics afin de dégager les contraintes et les tendances à prendre en considération dans la phase finale de l’élaboration du plan intégré, et • Phase d’élaboration du plan intégré proprement dit en tenant compte des résultats des phases précédentes. Les principales réalisations du projet ont porté sur les études de base notamment (i) l’inventaire de la biodiversité; (ii) l’évaluation participative des forces et des faiblesses des institutions locales en matière de planification, d’utilisation des terres, et de gestion des ressources naturelles et de la transhumance; (iii) le savoir local; (iv) l’inventaire des races animales locales; (iv) la biodiversité des zones humides; (v) les sites clés de biodiversité; (vi) la relance de la transhumance; et (vii) le statut juridique des terrains collectifs et le foncier pastoral. Les réalisations ont porté également sur la préparation et la mise en œuvre des «plans intégrés de conservation de la biodiversité et de gestion durable (PICB&GD)» selon une approche participative et genre ainsi que sur la conservation de la biodiversité et la réhabilitation des écosystèmes. Le projet a en outre, procédé à la création d’Organisations Pastorales (OPs) et de Comité de Gestion de la Transhumance (CGT) qui ont bénéficié de l’appui du projet à travers le renforcement des capacités, la réalisation de campagnes de santé, la création et l’entretien d’une école mobile pour les transhumants, la formation des bergers pour leur professionnalisation et la création de fonds renouvelables et la promotion de la femme (création d’associations et de comités de femmes transhumantes, campagne d’alphabétisation, mise en place et équipement de trois centres féminins, réalisation de microprojets). 2.3 AMÉLIORATION GÉNÉTIQUE a) La poursuite de l’opération d’identification généralisée des bovins L’opération d’identification du cheptel bovin a été lancée depuis Mai 2003 avec l’objectif d’identifier la totalité du cheptel bovin sur une période de 6 à 8 ans, soit en moyenne l’identification de 400.000 têtes par an. Au 31 décembre 2005, l’effectif identifié est d’environ 281.353 têtes, soit 64% du programme. Ce taux de réalisation varie de 10 % à plus de 60 % au niveau des DPA et il est de 100 % au niveau des ORMVA. b) L’amélioration des bovins de races locales dans les régions bour. Le programme s’est focalisé essentiellement sur la poursuite de la sauvegarde et l’amélioration de la race bovine TIDILI dans la région d’Ouarzazate en partenariat avec l’Office Régional de Mise en Valeur Agricole de Ouarzazate. Il a continué à porter sur le recensement des élevages et l’étude des caractéristiques de productivité et de reproduction de cette race. Pour la race Blonde Oulmès - Zaer, il a été procédé à l’organisation du concours annuel de la race, auquel 81 éleveurs ont participé avec 336 têtes bovines, ayant bénéficié de primes. c) L’insémination artificielle. Le programme d’insémination artificielle est conduit en partenariat avec les associations professionnelles des éleveurs, qui contribuent aux frais d’application de cette technique chez les éleveurs. Dans ce cadre, 30.000 exploitations d’élevage laitier ont bénéficié d’insémination au niveau des centres régionaux, soit une progression de 14% par rapport aux résultats de l’année précédente. d) Le contrôle laitier et la production des reproducteurs Le programme de multiplication de génisses a porté sur l’encadrement de 377 unités pépinières bovines par l’opération de contrôle laitier qui a concerné 6878 vaches soit une régression de 4% par rapport à l’année 2004 et la production de 825 génisses et 307 mâles sélectionnés. e) Importation de reproducteurs de races pures Durant l’année 2005 l’importation du bétail reproducteur de races pures, a concerné un effectif de 9048 bovins reproducteurs dont 9028 génisses et 20 géniteurs. Selon l’origine, 54 % sont importés de France, 33% d’Allemagne et 13% de Hollande. Le programme de développement ovin et caprin est réalisé en partenariat avec l’Association Nationale Ovine et Caprine (ANOC), dans le cadre d’un contrat-programme qui définit les objectifs, les moyens nécessaires et le suivi-évaluation des résultats obtenus. a) Elevage ovin Le programme d’amélioration génétique des ovins de races locales dans leur «zone d’origine» a été poursuivi en 2005 à travers le contrôle des performances et l’indexation, annuellement, dans 176 élevages de 23.668 agneaux pesés et indexés régulièrement. Les éleveurs sélectionneurs (organisés dans 51 groupements contre 22 groupements en 1994) ont produit en 2005, 4.935 béliers sélectionnés et 27.677 antenaises sélectionnées soit, respectivement, une augmentation de 8% et 16% par rapport à l’année précédente. b) Elevage caprin En ce qui concerne l’élevage caprin, le programme a intéressé l’encadrement de 527 éleveurs propriétaires de 26.000 têtes et organisés en 10 groupements dans les provinces du Nord (Tanger, Tétouan, Chefchaouen...) et 8 coopératives dans la province de khenifra. Ce programme a été renforcé par des sessions de sensibilisation des éleveurs pour améliorer les productions caprines, notamment dans les zones de montagnes. Par ailleurs l’année 2005 a connu l’organisation de la 1ère foire régionale du sud à Essaouira qui à enregistré la participation de 10 provinces groupant 100 éleveurs dont 50 ont été primés. Le programme de modernisation de ce secteur a été poursuivi par la diffusion de 300 ruches modernes peuplées, accompagnées du matériel technique nécessaire, au profit des éleveurs organisés en 8 coopératives. Cette opération a bénéficié aux petits éleveurs dans les zones bour (Khouribga, Tiznit, Sidi Kacem, Essaouira, El Hoceima, Rabat-Salé, Khemisset,) dans l’objectif de contribuer à l’amélioration de leurs revenus. En 2005, la production de miel a atteint 3000 tonnes dont 2000 tonnes dans le secteur industriel et 1000 tonnes dans le secteur traditionnel soit une augmentation de 25% par rapport à 2004. En outre 300 tonnes de cire ont été produites représentant une progression de 20%. Le nombre d’apiculteurs recensés en 2005 est estimé à 33.000 dont 26.000 traditionnels et 7.000 apiculteurs modernes. L’effectif des ruches est de 380.000 unités dont 300.000 traditionnelles et 80.000 ruches modernes. Le programme a porté sur l’organisation de deux concours d’élevage camelin dans les provinces de Dakhla et de Laâyoune en vue d’inciter les éleveurs à la promotion de la production cameline dans ces provinces. Près de 50 éleveurs ont bénéficié de primes d’encouragement. 2-4 SANTÉ ANIMALE Les programmes de prophylaxie ont consisté en la poursuite de la lutte collective contre les maladies animales réputées légalement contagieuses (fièvre aphteuse chez les bovins, rage …). Selon le contexte épidémiologique de chaque maladie, les programmes de lutte ont été conduits soit sous forme de campagnes de vaccinations soit en termes d’actions de traitements. Ils sont généralisés à l’échelle nationale (vaccination contre la fièvre aphteuse bovine, vaccination contre la rage canine) ou régionalisés [ciblés] (vaccination contre la variole cameline dans les provinces du sud, vaccination contre le charbon bactéridien dans les zones reconnues charbonneuses, traitement des parasitoses externes et internes, vaccination contre les entérotoxémies dans les zones enclavées, vaccination des ovins contre la bluetongue dans les zones à risque). Les réalisations effectuées en 2005 ont globalement atteint les objectifs fixés (voir tableau ci-après) et ont permis d’assurer une couverture satisfaisante notamment par la consolidation du matelas immunitaire du cheptel vis-à-vis des maladies contagieuses et la réduction des effets négatifs des maladies à incidence économique dans les zones pauvres et enclavées.
• Bluetongue: En 2005 aucun foyer n’a été déclaré sur le territoire national. Parallèlement, une enquête épidémiologique de séro-surveillance de la Bluetongue a été effectuée pour déterminer la prévalence sérologique de la bluetongue dans les troupeaux atteints et évaluer la situation épidémiologique vis-à-vis du virus dans le reste du cheptel national. Cette enquête a été réalisée selon un protocole préétabli et a concerné un échantillon de 5981 sérums (ovins, bovins, caprins et camelins). Les principaux résultats obtenus ont montré que la séroprévalence moyenne de la Bluetongue au niveau national est de 29,8%. Ces indicateurs sont pris en compte dans la stratégie de lutte contre la maladie. • Fièvre aphteuse: Aucun foyer de cette maladie n’a été déclaré sur le territoire depuis 1999 et les résultats de la surveillance continue et permanente réalisée au niveau national, n’ont permis de révéler aucune suspicion de cette maladie en 2005. • Rage animale: 360 nouveaux cas de rage animale (toutes espèces confondues) ont été déclarés dans 44 provinces du Royaume. Les chiens et les ovins viennent en tête des déclarations avec respectivement 30% et 32%, suivis des équidés (24%) puis les autre espèces (petits ruminants, chats, camelins,..) • Tuberculose bovine: La surveillance de la maladie a été poursuivie au niveau des abattoirs. Le bilan du suivi a fait état de 7873 nouveaux cas tuberculeux découverts lors de l’inspection sanitaire et hygiénique des bovins abattus, soit une prévalence moyenne de l’ordre de 1,7%. • Clavelée ovine: Le système de surveillance de la maladie au niveau national a permis de recenser 22 nouveaux foyers de clavelée (185 nouveaux cas) dans neuf provinces (Beni Mellal, Chichaoua, El Kelaa, Essaouira, Khouribga, Rabat, Safi, Settat, Sidi Kacem, Taroudant). Les mesures sanitaires (abattage, désinfection,…) et médicales (vaccination) ont été prises pour circonscrire les zones déclarées infectées et éviter toute diffusion de la maladie à d’autres régions. • Charbon bactéridien et la brucellose des ruminants 11 nouveaux foyers de charbon bactéridien (33 cas) ont fait l’objet d’une déclaration dans une localité relevant de la province de Sidi Kacem et Jerada et vis-à-vis desquels toutes les mesures sanitaires et médicales ont été prises. Pour ce qui est de la brucellose des ruminants, 3 nouveaux foyers (3 cas) on été constatés chez les bovins dans les provinces d’Al Hoceima et Beni Mellal et deux nouveaux foyers (21 cas) chez les ovins dans la province d’Ifrane. • L’infection à Bonamia Œstrale L’année 2005 a connu la déclaration d’un foyer (580 cas) dans la province de Laayoune • L’artérite virale équine Une enquête séro-épidémiologique a été menée en 2005 pour connaître l’importance de la distribution de cette maladie sur le territoire. Elle a été réalisée chez les juments qui fréquentent les stations de monte et les élevages privés. Un protocole d’enquête a été élaboré à cet effet. Les principaux résultats de cette enquête ont montré que la prévalence sérologique moyenne de cette maladie est de 28%. Les résultats de cette enquête serviront pour élaborer une stratégie de lutte adaptée à cette maladie. Les échanges concernant toutes les opérations d’import et d’export d’animaux vivants et de semences à partir des pays tiers, effectués durant l’année 2005 dans le cadre des accords sanitaires bilatéraux, sont récapitulés dans le tableau suivant (voir fichier Pdf). 2-6 PRODUCTIONS ANIMALES, CONSOMMATION ET PRIX En 2005 la production de viandes rouges est demeurée équivalente à celle de l’année précédente, soit un tonnage estimé à 400.000 tonnes qui reste globalement en hausse de 5,4% par à rapport à la production moyenne des cinq dernières campagnes. Cet accroissement global se répartit entre les différents types de viandes en 8% pour la viande bovine, 2% pour la viande ovine et 5% pour la viande caprine. Le prix moyen de la viande rouge s’est situé en 2005 à 53,75 DH/kg carcasse pour les bovins et 51,4 DH/kg carcasse pour les ovins, soit une baisse de 10 % en moyenne par rapport à l’année précédente. La consommation annuelle de viandes rouges est demeurée de l’ordre de 10 kg par habitant de même niveau que l’année passée. La production nationale de viande rouge permet de couvrir 98% de la demande exprimée en cette denrée. En revanche, la production laitière poursuit son ascension en atteignant 1,41 milliards de litres en 2005, enregistrant, ainsi, un accroissement d’environ 2,5% par rapport à 2004 et de 16% par rapport à la moyenne des cinq dernières années (2000-2004). Ce niveau a permis de couvrir 88% de la demande en lait et produits laitiers (lait frais, UHT et stérilisé). Le déficit est couvert par les importations, notamment de poudre de lait dont le volume importé en 2005 a atteint 14479 T soit 27% d’augmentation par rapport à 2004. Elle est destinée essentiellement à la fabrication des produits dérivés. Les importations de beurre ont été de 30759 T, en baisse de 9,4 % comparativement au niveau de l’année 2004. Le nombre de centres de collecte de lait est resté le même qu’en 2004 soit 992 centres. La quantité de lait usinée est passée de 820 millions de litres en 2004 à 883 millions de litres en 2005, marquant une progression de 1%, dont 530 millions de litres de lait pasteurisé. Le prix d’achat du lait à l’éleveur et le prix de vente du lait conditionné aux consommateurs n’ont subi aucune variation, soit 3,38 DH/litre en période de basse lactation, 2,97 DH/litre en période de haute lactation et 3,00 DH le demi litre à la consommation. Toutefois, certaines usines accordent des prix allant jusqu’à 3,50 DH par litre à la production, en y intégrant un bonus lié à la qualité du lait. La consommation de lait s’est élevée à 47 litres par habitant et par an en 2005, enregistrant une hausse de 4% par rapport à 2004. Par ailleurs, le développement de la production constatée en 2005 a été largement suffisant pour couvrir l’accroissement démographique. La production de viande de volaille a affiché une progression de 14% en passant de 338.000T en 2004 à 385.000T en 2005 dont 87% provient du secteur industriel. La production du secteur traditionnel stagne autour de 50.000 T. Cette amélioration de l’offre est due, d’une part, à l’accroissement de la production locale de poussins d’un jour de type chair par les couvoirs nationaux et, d’autre part, à l’augmentation substantielle de la production de viande de dinde qui est passée de 5000 à 35.000 T durant la période 2001-2005. En effet, la production de poussins d’un jour est estimée en 2005 à 292 millions d’unités, dont 280 millions de type chair et 12 millions de type ponte, assurant la totalité des besoins de la production nationale. Pour ce qui est de l’espèce dinde, les importations de dindonneaux d’un jour non reproducteurs se sont élevées à 4,3 millions d’unités et la production est estimée en 2005 à 2 millions de dindonneaux. En matière d’infrastructures, le secteur moderne de production compte actuellement 42 couvoirs type chair d’une capacité de 300 millions de poussins par an, 4 couvoirs type ponte d’une capacité de 20 millions de poussins par an, 5000 unités d’élevage de poulets de chair, 500 unités d’élevage de poules pondeuses et 36 unités de fabrication d’aliments d’une capacité totale de 3,5 millions de tonnes d’aliments par an. Le réseau d’abattoirs avicoles, exclusivement privé est composé de 20 unités, officiellement agréées, d’une capacité de 30.000 tonnes par an, soit près de 15% de la capacité effective. La production d’œufs de consommation est estimée à 3,3 milliards d’unités, dont 2,5 milliards d’œufs sont fournis par l’élevage industriel et 0,8 milliards par l’élevage traditionnel. La production des aliments composés pour l’aviculture est estimée en 2005 à 1,8 millions de tonnes représentant une progression de 12,5% par rapport à 2004. En 2005, le prix du poulet s’est situé en moyenne à 9,64 DH le kg au poids vif, soit une baisse de 14 % par rapport à celui enregistré l’année précédente et une diminution de 35% par rapport au niveau record de la période 1994-96 (entre 15 et 16,20 DH/kg). Cette chute des prix est due à l’effet combiné de l’augmentation de l’offre et de l’apparition dans certains pays du monde de l’Influenza Aviaire qui a eu un impact négatif sur la consommation locale des produits avicoles. Concernant le prix moyen des œufs, il a augmenté de 10% en 2005 pour se situer à 0,55 DH l’unité. La consommation annuelle en viandes blanche par tête d’habitant s’est située, en 2005, à 11,7 kg en augmentation de 3,5% par rapport à l’année écoulée. A titre de comparaison par rapport à certains pays, la consommation annuelle des viandes blanches est de 18 kg par habitant en Tunisie et 24 kg en France et en Espagne. La consommation en œufs enregistrée en 2005 est de 108 unités par habitant et par an; elle a accusé une baisse de 1,8% par rapport à 2004.
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