Situation de l'Agriculture Marocaine en 2005
 


sam2005
    rrRepères (Pdf, 550 kb) rrEvolution de la production végétale
    rrLe contexte international rrEvolution de la production animale
    rrLe contexte national (Pdf, 200 kb) rrContribution de l’agriculture à l’économie
    rrMesures de politiques agricoles rrDossier: Le foncier agricole


 

II – LE CONTEXTE NATIONAL
 
II.1 – LES CONDITIONS CLIMATIQUES

II-1-1 Conditions pluviométriques
 
Contrairement à la campagne agricole 2003/ 2004 qui a été caractérisée par un régime pluviométrique excédentaire sur l’ensemble des régions agricoles, la campagne agricole 2004/2005 a été marquée par un déficit pluviométrique généralisé avec des déficits supérieurs à 30% dans la majorité des régions agricoles. Le cumul pluviométrique moyen national n’a pas excédé les 228 mm soit un déficit de 36,1% par rapport à la pluviométrie d’une année dite «normale» (moyenne des cumuls pluviométriques sur 30 ans). Les quatre grandes régions agricoles Sais, Gharb-Zaer, Chaouia-Doukkala et Tadla-Tensift ont connu, respectivement, des déficits records de – 44,8%, - 42,6% , – 40,1 % et – 33,8%.

Le régime pluviométrique s’est caractérisé par:

• Une répartition temporelle irrégulière des précipitations qui se sont concentrées sur deux principales périodes à savoir: la dernière décade d’octobre 2004 et la dernière décade de février 2005. La pluviométrie reçue durant ces deux périodes représente pratiquement la moitié du volume total des précipitations de la campagne agricole.

• Une absence de précipitations durant plus de cinquante jours depuis la fin du mois de décembre 2004 jusqu’au 20 février 2005, accompagnée de températures exceptionnellement basses et de gelées ce qui a engendré un ralentissement de la croissance des céréales d’automne et de la végétation pastorale ainsi que des dégâts sur certaines cultures notamment le maraîchage et la canne à sucre.

• Un manque de pluies à compter du début du mois de mars 2005 avec une hausse des températures dépassant généralement la normale ce qui a affecté le remplissage des grains des céréales.

II-1-2 Evolution du couvert végétal

Bien que la dernière décade d’octobre ait été relativement pluvieuse, l’état du couvert végétal au 20 novembre 2004 présentait encore un indice de végétation relativement faible sur la grande majorité des régions agricoles hormis la région du tangérois qui présentait un état végétatif moyen à bon dans l’ensemble. Ce n’est qu’ à la dernière décade de janvier 2005, à la suite des pluies de décembre 2004 et la fin des semis tardifs de céréales d’automne que, finalement, les cartes d’indices de végétation montraient un état végétatif “ très bon” sur les régions de Doukkala, la Chaouia, le Moyen Atlas, le Sais, le Rif, le Gharb et le Plateau central.  Partout ailleurs, l’état de la végétation était faible. Cependant, l’indice de végétation moyen est resté inférieur à celui des deux dernières années.

A la deuxième décade de février 2005, l’état de la végétation apparaît  bon, malgré un léger ralentissement dans l’évolution de l’indice de végétation, sur les régions de Doukkala, la Chaouia, le Gharb et le Tangérois, moyen dans les régions du Moyen Atlas, du Plateau central, du Sais et du Rif Oriental, et faible dans les autres régions.

A la seconde décade de mars 2005, on constate une dégradation significative de l’état de la végétation sur la quasi-totalité du territoire national à cause de l’arrêt des précipitations depuis le début du mois de mars et la hausse des températures. Ainsi, la situation de l’état de la végétation est à peine moyen à bon dans les seules régions du Sais, de la Chaouia et du Gharb; il apparaît faible dans les autres régions.

II–2 LA CONJONCTURE ECONOMIQUE
 
A la suite de la baisse de la valeur ajoutée du secteur primaire, estimée à 17,7%, notamment à cause de la réduction de la production agricole affectée par les mauvaises conditions climatiques, le taux de croissance économique en 2005 s’est établi à seulement 1,7% contre 4,2% l’année précédente. La part du PIB agricole dans le PIB n’a représenté que 12,4 % au lieu de 15,3% en 2004. Le PIB non agricole a marqué un accroissent substantiel en atteignant 5,2% en 2005 contre 4.7% l’année d’avant.

En 2005, l’indice du coût de la vie a enregistré une hausse qui n’a pas dépassé 1% au lieu de 1,5 % en 2004. Cette faible hausse est attribuée au ralentissement des prix des produits alimentaires dont l’augmentation des prix s’est établie à 0.3% contre 1.6 % en 2004. La consommation finale nationale ne s’est accru en 2005 que de 3,2% marquant un ralentissement par rapport à 2004 qui avait enregistré une augmentation de la consommation de 7,8%. Cette décélération est imputable au repli prononcé de la demande des ménages ruraux, en raison de la mauvaise campagne agricole.

Les échanges commerciaux avec l’extérieur en 2005 se sont déroulés dans un contexte international dominé principalement par le renchérissement des prix du pétrole et le ralentissement de la croissance et des importations de l’Union Européenne qui reste le principal partenaire commercial du Maroc notamment au niveau du commerce agricole.

Les importations, estimées à 180,3 milliards de dirhams ont progressé de 14,2 % attribués aux prix du pétrole et à la hausse des achats de produits alimentaires, tandis que les exportations, de l’ordre de 94,4 milliards de dirhams ont affiché un accroissement de 7,4 % grâce notamment à la hausse des ventes du groupe OCP et à l’amélioration des recettes des produits de la pêche.

La part de l’alimentation dans la valeur des exportations en 2005, a représenté 19,5 % contre 8,5 % dans la valeur des importations, ce qui porte le taux de couverture de la balance commerciale des produits alimentaires à 120,6 %.

Dans le domaine des finances publiques, l’exécution de la loi de finances 2005 s’est déroulée dans un contexte caractérisé par l’aggravation des charges de la compensation occasionnée par la prise en charge partielle de la hausse des prix des produits pétroliers et l’alourdissement des charges inhérentes à l’opération des départs volontaires à la retraite. Les dépenses se sont, ainsi, inscrite à la hausse de prés de 14%. En revanche, les recettes ont enregistré une progression de 12% due essentiellement aux recettes fiscales. Aussi, le déficit budgétaire, hors privatisation, a atteint 5,9 % du PIB contre 4,6 % en 2004. En tenant compte des recettes de privatisation le déficit budgétaire en 2005  s’est établi à 4,4 % du PIB.  

II–3 BUDGET PUBLIC ALLOUE AU SECTEUR AGRICOLE

Au titre du budget d’investissement de l’année 2005 l’enveloppe budgétaire allouée par la loi de finances, au Département de l’Agriculture et du Développement Rural, est fixée à 1583,887 millions de Dirhams de crédits nouveaux  de paiement et 1350 millions de Dirhams de crédits d’engagement sur ultérieur. Ainsi, les crédits de paiement de l’exercice 2005 ont enregistré une baisse de 9,4% par rapport à ceux de 2004.

La succession de baisses enregistrée par le budget d’investissement depuis 2003 est la conséquence des achèvements des projets d’extension des surfaces irriguées, lancés précédemment dans les grands périmètres irrigués. En effet, les crédits attribués à la Grande Irrigation ont diminué de 28,6 % entre 2003 et 2004 et de 34% entre 2004 et 2005. La proportion de 41,2 % qu’ils représentaient dans le budget total de 2004 est passée à 30% en 2005. En revanche, les crédits accordés à la Petite et Moyenne Irrigation et le développement des zones d’agriculture pluviale (bour) sont en nette progression entre 2004 et 2005 respectivement de 12,8 % et 5,5 %.

Les crédits afférents aux activités de soutien au développement agricole, de formation, recherche, et vulgarisation, connaissent depuis 2003 un  accroissement substantiel d’une année sur l’autre, en atteignant 565,678 millions de Dirhams, soit une proportion 37,6 % du budget d’investissement total du Département. Il en est de même pour les ressources humaines, la logistique et le système d’information, dont les crédits s’accroissent également en passant de 89,52 millions de Dirhams en 2003 à 101,96 millions de Dirhams en 2004 et 125,87 millions de dirhams en 2005.

En ce qui concerne le budget de fonctionnement, les crédits alloués au Département ont atteint 1.610,78 millions dirhams. Elles se répartissent comme suit: 690,45 millions de dirhams ont été consacrés aux charges des fonctionnaires soit 42,9 %, 797,6 millions de dirhams ont été destinés au soutien des Etablissements Publics sous tutelle soit 49,5 %, et 122,73 millions de dirhams ont été affectés aux autres charges.

 
 

 

 



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