La
conduite de l'élevage
pastoral ovin de l’oriental
(Race Beni Guil)
Conduite
alimentaire
Au
niveau de cet écosystème on distingue trois
systèmes de production définis selon l’importance
du recours à la supplémentation (Elevage pastoral
ovin à l'oriental, INRA & gtz; Maï 1993):
•
Système extensif faisant appel à la complémentation
à concurrence de 20 % seulement des besoins des animaux
(commune de Tendrara et Bouarfa).
• Système semi-extensif ) semi-intensif faisant
appel à la luzerne, à la céréaliculture
et aux aliments concentré à hauteur de 30
à 40 % (commune de Aïn Beni Mathar, Mrija et
El Ateuf).
• Système semi-intensif à intensif recourant
à la complémentation à hauteur de 60
% des besoins des animaux (commune de Oulad Sidi Abdelhakem).
Dans
les trois systèmes, les ressources alimentaires sont
pratiquement les mêmes. Elles consistent en des ressources
pastorales, en des produits et sous-produits des cultures
(luzerne et chaume), en l’orge subventionné
ou acheté sur le marché libre, en son et à
un degré moindre en concentré. Soulignant,
que les parcours sont fréquentés durant toutes
l’année. Leur contribution à la satisfaction
des besoins des animaux est en moyenne de 67 %.
Il est à noter, que les brebis sont supplémentées
peu avant la mise bas et pendant les 2 à 3 premières
quinzaines de lactation à des degrés divers
selon les systèmes de production et en fonction du
niveau de richesse de l’éleveur.
Les jeunes ne sont séparés de leurs mères
que pendant les 3 ou 4 premières semaines suivant
la mise bas et seulement pendant le jour. En année
difficile on leur distribue un peu de concentré (Elevage
pastoral ovin à l'oriental, INRA & gtz; Maï
1993).
Le
calendrier alimentaire ci-dessous nous explique au mieux
la conduite alimentaire des éleveurs du Maroc Oriental
(Elevage pastoral ovin à l'oriental, INRA & gtz;
Maï 1993):
Critères
Jan
Fév
Mar
Avr
Mai
Jun
Jui
Aou
Sep
Oct
Nov
Dec
Parcours
Armoise
++
+++
oo
+++
oo
+
+
+
+
Parcours
Alfa
++
oo
++
oo
+
oo
+
oo
+
oo
+
oo
oo
oo
o
o
++
o
++
o
Parcours
Atriplex
+
+++
oo
oo
+++
++
o
o
+
o
+
o
oo
Chaumes
+
+ +
+ +
+ +
Forêts
Existe
uniquement dans la CR El Ateuf et est généralement
fréquenté par des troupeaux à dominance
caprine
-Orge
-Son
++
ooo
++
ooo
+
oo
+
oo
o
o
o
o
o
o
o
o
+
o
+
o
++
ooo
++
ooo
++
ooo
++
ooo
Aliment
composé
+
oo
+
o
+
oo
+
oo
-Luzerne
-Paille
-sel
+
+
++
+
++
++
+
+
+
+
+
+
++
++
Période
de soudure
+++
++
++
+++
+
: année bonne ; o : année sèche
Conduite
de la reproduction
La
présence du bélier avec le troupeau fait
que la lutte n’est contrôlée dans aucun
des systèmes décrits précédemment.
En année favorable, vu les disponibilités
fourragères, un pourcentage notable de brebis est
lutté en fin d’automne conduisant à
un pic d’agnelage en fin mai. En année difficile,
la plupart des brebis sont plutôt luttées
en printemps entraînant un pic des naissances en
octobre/novembre pour les précoces et en mars/avril
pour les rattrapages.
Les éleveurs pratiquent une sélection des
animaux à retenir pour la reproduction selon des
critères empiriques, à savoir la conformation
générale (aplombs, hauteur au garrot, profondeur
de la poitrine), les caractères parentaux (production
laitière, prolificité, ….), la réaction
à l’alimentation (gain moyen de poids) et
enfin la qualité et densité de la laine
(Programme Viandes Rouges, Mai 1993).
La technique de sevrage dépend principalement des
conditions climatiques de l’année et de la
catégorie de l’éleveur. En effet,
en année favorable, les jeunes sont échangés
entre troupeaux pour être sevrés ; en année
difficile, c’est ’’le souk qui serve’’
(Elevage pastoral ovin à l'oriental, INRA &
gtz; Maï 1993).
Contraintes
Au
niveau du Maroc Oriental, une sous-alimentation et une
faible productivité du cheptel ont été
reconnues. Les causes en sont nombreuses.
Selon un diagnostic réalisé par l’équipe
Viandes Rouges du centre régional de la recherche
agronomique de l’Oriental à Oujda, quatre
catégories de contraintes ont été
dégagées :
•La faible productivité des parcours à
cause des conditions climatiques arides, la forte désertisation
et le défrichement. Donc, une faible contribution
des pâturages dans la ration.
• La non maîtrise des techniques de complémentation.
Ceci est du à la faible diversification de la complémentation
(orge et son), à la faible utilisation du C.M.V,
ainsi qu’à la disponibilité insuffisante
des concentrés sur le marché.
• La mauvaise conduite de la reproduction.
• L’érosion qui contribue dans le processus
de la dégradation des parcours (Elevage
pastoral ovin à l'oriental, INRA & gtz; Maï
1993).