Maroc Vulgarisation Morocco

Vulgarisation
Bulletin de liaison du Programme National de
TRANSFERT DE TECHNOLOGIE
EN AGRICULTURE

 



Rôles de la Vulgarisatrice dans la Promotion socio-économique de la Femme Rurale
Missions, Attributions et Stratégie

Introduction

S'agissant d'un acteur de développement incontestable, mais qui possède un certain nombre de spécificités socio-culturelles et économiques, la définition et la délimitation du champ d'action de la vulgarisatrice n'est pas chose aisée.

En effet, tout au début de son travail, et pour aboutir à l'objectif qui lui a été assigné (Elaboration d'une stratégie d'intégration de la vulgarisatrice auprès des femmes rurales) la commission s'est trouvée face à un certain nombre de questions demeurées jusque là en suspens:

1- Le travail de la vulgarisatrice doit-il s'intégrer à une vision de développement rural on agricole? Autrement dit faut-il limiter son champs d'action à des actions de vulgarisation agricole on faut-il l'étendre à des activités non agricoles?

2- Quelle est la délimitation des prérogatives de la vulgarisatrice: faire des études sur la programmation, et exécuter elle même ce qu'elle a programmé? Cette situation est d'autant plus délicate qu'il n'y a aucune définition claire de sa structure d'appartenance ni de sa mission.

3- Comment et selon quels critères contrôler et évaluer le travail de la vulgarisatrice en vue d'en déterminer la rentabilité.

4- Au stade où en sont les choses et compte tenu de la diversité des contextes et des réalités socio-économiques de la campagne marocaine d'une part, et de la multiplicité des rôles de la femme rurale d'autre part, peut-on parler d'une stratégie de promotion socio-économique de la femme ou faut il se limiter à donner les lignes maîtresses d'un plan d'orientation national, à charge des structures régionales d'élaborer leur propre stratégie pour s'intégrer dans ce plan?

Après une longue discussion l'unanimité a été faite autour de l'utilité d'élaborer plutôt un plan d'orientation.

 Plan d'orientation: Schéma général

Les lignes directrices du plan d'orientation proposé ont émané d'un certain nombre de question schématique liées entre  elles par des relations de cause à effet:

1- Que veut-on faire pour les femmes rurales? ou encore quels sont les axes autour desquels doit pivoter le plan à proposer?

2- Une fois les axes déterminés, qui aura la charge de les concrétiser? D'une autre manière quels seraient les rôles de la vulgarisatrice pour la réalisation de ces axes?

3- Comment peut-elle mener à bien sa mission, selon quelle méthodologie? Et avec quels atouts?

4- Selon quel programme?

5- Quels moyens mettre en oeuvre?

6- Quels sont les indicateurs et les critères d'évaluation du travail de la vulgarisatrice et qui doit assurer le suivi et l'évaluation des actions entreprises par cette dernière ?

Axes d'intervention

Le plan d'orientation proposé par le commission s'articule autour de quatre axes principaux:

1- L'élaboration d'un référentiel sur la femme rurale pour mieux connaître ses rôles socio-économiques, ses problèmes, ses attentes et ses finalités.

A ce propos, une première alternative serait d'essayer de recenser, d'exploiter et compléter la multiples études faites sur la femme rurale.

2- Dans la perspective de contribuer à limiter l'exode rural, et en collaboration avec d'autre départements ministériel, il est impératif que la vulgarisatrice participe à tout effort visant l'amélioration des conditions de vie de la famille rurale.

L'expérience a montré que toute action entreprise en faveur de la femme rurale s'inscrit dans cette perspective.

A ce propos, les structures de la vulgarisation agricole peuvent s'atteler à:

a) Sensibiliser et former la femme rurale à sa fonction en tant que mère des générations futures appelées à vivre dans un environnement différent du sien (scolarisation, santé).

b) Encourager l'émancipation "financière" des femmes rurales en les incitant à améliorer leur revenu. Une des alternatives qui permettrait une plus grande insertion de la femme rurale dans le développement économique et social reste sa formation et son encadrement dans la gestion d'activités génératrices de revenus.

c) Alléger la femme rurale de ses lourdes taches domestiques pour la libérer pour d'autres activités plus rémunératrices (socialement et/ou économiquement) de ses efforts.

3- Assurer à la femme rurale un encadrement adéquat qui tout en valorisant son savoir faire lui permettrait d'améliorer ses connaissances et ses techniques de production.

4- Veiller à s'assurer une participation volontaire et effective de la femme rurale dans la conception et la programmation de toute action entreprise en sa faveur.

Les rôles et les attributions de la vulgarisatrice

Les prérogatives de la vulgarisatrice qui découlent des axes ainsi définis, sont de natures diverses et englobent plusieurs aspects:

1- Participer à l'élaboration d'un référentiel sur la femme rurale dans sa zone  d'action.

2- Dispenser un encadrement agricole et non agricole. A ce niveau, ses domaines d'intervention sont vastes et touchent particulièrement l'information, la formation, la sensibilisation, la motivation, le conseil, l'assistance, et l'orientation.

En outre, et dans le cadre de cet encadrement, elle est appelée à stimuler la participation des femmes rurales.

3- Encourager l'instauration d'activités génératrices de revenus viables en encourageant l'organisation professionnelle des femmes, en identifiant les activités à mener et en cherchant des sources de leur financement.

4- Stimuler la coordination entre sa structure d'appartenance et les autres départements actionnaires dans la promotion de la femme rurale.

Outils méthodologiques

L'expérience acquise, par les un et les autres dans le domaine de la promotion socio-économique de la femme rurale, a démonté que toutes les méthodes de vulgarisation (vulgarisation de masse, vulgarisation rapprochée, voyages, démonstration) sont applicables.

Il faut noter cependant que la vulgarisation de contact parait être de loin la plus adaptée aux actions de vulgarisation féminine.

Cependant, un certain nombre de mesures doivent précéder et accompagner le travail de la vulgarisatrice pour lui garantir le maximum de chances de réussite .Il s'agit de:

1- La formation de la vulgarisatrice avant son affectation et au cours de l'exercice de ses fonction.

Cette formation doit s'inscrire dans la perspective  de faire acquérir à la vulgarisatrice les connaissances qui lui permettraient de mieux évoluer dans le contexte où elle exerce et de mieux communiquer son savoir faire. D'un autre côté, une formation continue adéquate la garderait continullement en contact de nouvelles expériences.

2- La coordination du travail de la vulgarisation auprès des hommes et auprès des femmes pour étudier certains entraves sociales difficilement franchissables, notamment la liberté dans la prise de décision chez les femmes.

 Programmes d'action

Revenant aux structures locales et régionales d'intervention du MAMVA, la programmation est entendue ici à la fois, comme une stratégie à long terme et les plans d'opération annuel qui permettrait d'aboutir aux objectifs de la stratégie.

Il va sans dire que toute cette programmation doit s'inscrire dans le cadre des axes du plan d'orientation.

Moyens à mettre en oeuvre

Il s'agit là essentiellement de moyens à mettre à la disposition de la vulgarisatrice pour mener à bien sa mission.

Dans ce sens, et outre les moyens du MAMVA, une formule de partenariat avec les autres départements doit être développée pour les faire participer au financement des activités de la vulgarisatrice.

Dans certaines régions, les actions de l'animation féminine ne requièrent pas toute l'importance qu'elles méritent.  Aussi, serait-il préférable de définir dans l'affectation des budget des ordres de grandeurs des ressources à allouer à cette activité.

Suivi et évaluation

Il est impératif qu'une commission nationale groupant toutes les compétences requises soit constituée pour se pencher sur la définition de critères d'évaluation du travail de la vulgarisatrice. Cette évaluation doit relever des prérogatives d'une équipe pluridisciplinaire qui l'assiste d'une part, dans la conception de son programme et de ses plans d'action et d'autre part veille à évaluer l'impact des action entreprises.

Rapport de la commission n°2, "Atelier Souihla" ,Marrakech du 10 au 12 Juin 1997 , DERD/DVA  

...Retour au sommaire du BTT n°34...

Coordination du CNTTA:
Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural
Direction de l'Enseignement, de la Recherche et du Développement (DERD)
Division de la Vulgarisation Agricole (DVA)
Rue Mohammed Belarbi Alaoui, B.P: 6598-Instituts, Rabat (Maroc)
Tél. +(212) 37-77-64-62 / 37-77-69-24/25, Fax: +(212) 37-77-65-51 /37-77-46-67

Page d'accueil
¦
Comité
¦
Programme
¦
Bulletin
¦
Données Générales
¦
Agenda
¦
Autre sites
 
© 1998, Bulletin réalisé à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II,
Responsable de l'édition: Prof. Ahmed Bamouh
Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture (PNTTA)
B.P:6446-Instituts, Rabat, Maroc
Tél-Fax:(212) 37-77-80-63