|
Bulletin de liaison
du Programme National de TRANSFERT DE TECHNOLOGIE EN AGRICULTURE |
|
La taille longue
du pêcher
PROBLEMATIQUE Les races ovines locales, actuellement élevées au Maroc, ne répondent pas complètement aux souhaits des éleveurs des régions favorables du pays (périmètres irrigués, bour favorable), qui ont besoin d’animaux plus productifs. Or, la productivité d’un troupeau dépend de la prolificité de ses brebis, et pour augmenter la première, il faut améliorer la deuxième. Toutefois, l’amélioration de la prolificité par les méthodes classiques de sélection en race pure est un processus lent. Pour obtenir des résultats plus rapides, on fait appel à une race prolifique, comme la D’man. Les brebis de cette race donnent en moyenne 2,2 agneaux par portée (contre 1,1 pour les autres races locales). Cependant, cette particularité remarquable jointe à son aptitude au désaisonnement et à sa précocité sexuelle est en partie contrebalancée par une croissance moindre, une conformation de carcasse médiocre et une laine grossière. Pour tirer au maximum parti des atouts de la race D'man, tout en évitant ses inconvénients, il faut jouer sur la complémentarité entre races et faire appel au croisement. Les races Timahdite, Sardi, Boujaad et Béni Guil ont une croissance satisfaisante et une bonne carcasse, mais leur prolificité est faible. Dans ce domaine, deux stratégies peuvent être envisagées, l’une consiste à mettre en œuvre un schéma systématique de croisement, dit « à double étage », l’autre à créer une nouvelle race, par croisement suivi de sélection. L’utilisation de béliers D’man pour produire des brebis F1 (D’man x race locale) dans un schéma de croisement à double étage, où les agneaux « terminaux » mâles et femelles sont destinés à la boucherie, n’est pas une solution optimale, car elle oblige à renouveler le troupeau à partir des brebis locales les moins prolifiques et entraîne la production de 3 types génétiques d’agneaux. En revanche la création d’une race synthétique permet d’optimiser la productivité du troupeau, tout en répondant aux préoccupations des éleveurs qui souhaitent une conduite simplifiée (comme en race pure), notamment grâce à l’autorenouvellement, et un niveau général de prolificité voisin de 2, pas trop exigent en main d’œuvre. De telles exigences peuvent être souvent satisfaites par les races synthétiques nouvelles qui combinent, dans la même race, les caractères complémentaires de différentes races. OBJECTIFS L’objectif visé à travers ce programme est la production d’une brebis qui bénéficie d’une haute productivité et qui allie la simplicité d’une conduite en race pure et une bonne conformation. ETAPES DE DEVELOPPEMENT
Ce programme est conduit à la Ferme d’Application de Tadla de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II.
Le choix des races parentales a porté sur:
Elle a débuté en 1989, après une série d’expérimentations sur les croisements entre les races D’man et Sardi commencés en 1982, et qui ont montré l’intérêt des animaux croisés 50% D’man et 50% Sardi, et la possibilité de s’engager dans la création d’une race synthétique D’man x Sardi (notée ‘DS’). Le programme a commencé par des croisements entre les deux races parentales D’man et Sardi pour la production des animaux F1 réciproques. Ensuite des accouplements ont été réalisés entre les reproducteurs de la même génération choisis prioritairement de façon à maintenir les origines représentées dans la génération de fondation. Pendant toute cette période, le programme visait la production d’un grand nombre d’animaux croisés de générations F1 à F4, sans se préoccuper beaucoup des performances zootechniques des animaux. RESULTATS PRELIMINAIRES Actuellement, près de 400 brebis de la nouvelle race ‘DS’ sont disponibles à la Ferme d’Application de Tadla. De façon générale, les performances des animaux de race ‘DS’ se situent à mi-chemin entre celles des deux races parentales D’man et Sardi.
La prolificité
ou la taille de la portée à la naissance des brebis de race
‘DS’ est de 1,63 et leur productivité pondérale au sevrage
est de 27 kg. Cette productivité est de 5,6 kg plus élevée
que celle des brebis de race Sardi. Si à cet avantage, on ajoute l’entrée
en production précoce des antenaises ‘DS’ et la possibilité
de réaliser plus d’un agnelage par an, on comprend mieux l’intérêt
de cette nouvelle race. Les poids des agneaux de race ‘DS’ sont intermédiaires à ceux des agneaux de races parentales D’man et Sardi. Ces performances, enregistrées par les produits issus de jeunes brebis, seraient encore meilleures si les mères ‘DS’ étaient adultes. PREVISIONS Dans l’avenir, nous prévoyons:
CONCLUSION Les performances
réalisées par les ovins de race synthétique ‘DS’ sont
encourageantes. Il est donc indispensable de poursuivre le programme tracé
jusqu’à ce que la création de cette nouvelle race devient une
réalité.
|
...Retour au sommaire du BTT n°45...
|
|
¦ |
|
¦ |
|
¦ |
|
¦ |
|
¦ |
|
¦ |
|
| © 1998, Bulletin réalisé à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Responsable de l'édition: Prof. Ahmed Bamouh Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture (PNTTA) B.P:6446-Instituts, Rabat, Maroc Tél-Fax:(212) 37-77-80-63 |