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Bulletin de liaison
du Programme National de TRANSFERT DE TECHNOLOGIE EN AGRICULTURE |
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L'aggravation du déficit céréalier au Maroc, pendant les années sèches, a amené les pouvoirs publics à rechercher de nouvelles stratégies en matière de politique agricole orientée vers la sécurité alimentaire. Ces nouvelles stratégies agricoles visent:
La technique d'irrigation par centre pivot, a été mise au point aux Etats Unis dans les années 50. Elle a a permis de nos jours à des pays comme l'Arabie Saoudite et la Libye d'atteindre leur autosuffisance en matière de céréales, en dépit des conditions climatiques trés défavorables. Cette technique a été introduite au Maroc en 1981 grâce à l'initiative de SM le Roi par le truchement des Domaines Royaux afin d'examiner, au plan national, ses performances, ses avantages et ses inconvénients. Ainsi, plusieurs expé-riences ont été réalisés. Expérience "EL KHEIR" duTadla La première tentative visant le lancement du système d'irrigation par centre pivot dans les terres collectives a eu lieu au Tadla, lorsque SM le Roi a offert une rampe de 63 ha à un groupe de petits agriculteurs appartenant à la coopérative EL KHEIR, lors d'une cérémonie inaugurale datant du 28 décembre 1981 à l'occasion de Sa visite à Béni Mellal. Cette première expérience s'est avérée fort encourageante puisque grâce à ce système, les rendements obtenus ont dépassé la moyenne nationale de 5 à 6 fois. Dès lors, il y avait manifestement un intérêt croissant pour l'expansion de ce type d'irrigation au Maroc, étant donné les avantages que ce système peut procurer. En particulier, le système pivot permet:
Expérience "LAHSASNA" de Settat La province de Settat a mis sur pied un projet pilote à Lahsasna où une première tranche de 500 ha a été équipée. Ce projet concerne des terres Melk et c'est là une première révolution. Le choix du lieu de l'implantation du projet, le régime juridique des terres, le nombre d'agriculteurs bénéficiaires et la passation de contrat entre l'état et les entreprises privées ont pour but la stimulation des agriculteurs pour l'adoption de cette technique qui contribue incontestablement à atteindre l'autosuffisance en céréales. Expérience de la BAHIRA Centrale de Ben Guérir Etude du projet Dans le cadre de sa contribution à la mise en valeur des terres collectives et dans l'objectif d'un million d'hectares irrigués , le Ministère de l'Intérieur a entrepris une étude permettant l'installation d'une unité expérimentale de 1000 ha irrigués par des rampes de pivot fixe dans la Bahira Centrale, sur un collectif qui se trouve au Sud de la Base Aérienne de Ben Guerir. Le choix de la Bahira Centrale a été dictée par plusieurs raisons. D'abord, sur le plan des potentialités, cette plaine recèle des ressources agricoles et hydrauliques non négligeables. Ensuite, sur le plan d'opportunité, il s'agit de démontrer que les terres collectives avec leur mode d'exploitation, considéré jusqu'à présent comme frein à la mise en valeur, peuvent contribuer à l'augmentation de la production nationale. Partant de ces considérations, une étude pour la reconnaissance du réservoir qui constitue la principale ressource en eau a été entreprise avec la collaboration des services du Ministère de l'Equipement. Cette étude, qui a duré 2 ans et qui a couté environ 5 millions Dh, a permis d'assoire le projet dans le temps et dans l'espace. En effet, cette étude a montré qu'il est possible de mobiliser 600 l/s en plus de 900 l/s exploités pourl'irrigation des 1000ha de céréales. L'enquête socio-économique entreprise par les services régionaux du Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole a montré qu'il n'existe aucune contrainte qui s'oppose à la réalisation de ce projet. Enfin, l'étude de factibilité a montré que le projet va générer un bénéfice net (après amortissement) de l'ordre de 4000 à 5000 Dh/ha et que les rendements qui pourraient être escomptés pour le blé et le mais seraient respectivement de 50 et 70 quintaux, ce qui représente respectivement 4 et 7 fois les rendements moyens actuels de la céréaliculture nationale. Se basant sur ces indications qui militent toutes en faveur du projet, le Ministère de l'Intérieur a mis en place les crédits nécessaires pour passer à la phase d'exécution. Ainsi, un programme portant sur la réalisation de 12 forages d'exploitation profonds de 100 à 120m a été entrepris ce qui a permis de disposer de plus de 420 l/s. Equipements et réalisations La réalisation a été faite en deux étapes par une société espagnole, la première tranche qui a comporté 6 systèmes de 50ha, un système de 37ha et 2 systèmes de 25ha a été achevée en fin Août 1985. La seconde tranche comportant 7 systèmes de 50 ha et 4 systèmes de 25 ha a été achevée juste à temps pour devenir opérationnelle avec le démarrage de la campagne 85-86. La superficie totale équipée concernait 836 ha pour un investissement global d'environ 35 millions de Dh, soit 41866 DH/ha en moyenne . Sur le plan du management, la gestion a été confiée à la SADIP (Société Agricole de Développement de l'Irrigation par Pivot) avec laquelle un contrat a été passé. Ce contrat, d'une durée de 3 ans, est renouvelable au gré du preneur pour 2 périodes supplémentaires de 3ans. Le montant de la location est fixé àl'équivalent de 16 quintaux à l'ha par année agricole. Sur ces 16 qx, les ayants droits reçoivent l'équivalent de 6qx de blé tendre commun par hectare et par an. L'équivalent de 10 qx/ha.an revient au promoteur comme amortissement du matériel installé et sert pour le paiement des crédits et pour une éventuelle extension du programme. Forages Les travaux de réalisation du projet pilote de N'zalet Laâdem ont commencé par le creusement de forages pour l'exploitation des eaux souterraines. Ces forages, de débits et profondeurs variant respectivement de 17 à 75 l/s et de 80 à 200 m, sont équipés de groupes électropompes immergés presque tous de même marque et de puissance variable. Les possibilités hydrauliques de ces forages et les conditions pédologiques conditionnent une grande diversité dans la configuration des installations. Ainsi, on distingue: des installations constituées d'un système pivot unique à partir d'un forage et des installations constituées de 2 ou 3 pivots alimentés par un même forage. Dans ce cas, le refoulement peut être direct (Alimentation directe des pivot à partir des forages) ou indirect (l'eau du forage est refoulée dans un bassin puis reprise par une station de mise en pression qui alimente les pivots). Pivots A la première
campagne, le nombre de forage était de 11 et irrigant 20 pivots. Actuellement,
on en compte 20 alimentant 32 pivots. En plus de la SADIP, les autres pivots
rencontrés dans la région appartiennent à des particuliers
qui sont venus, à la lumière des résultats obtenus par
la SADIP, investir eux mêmes dans les équipements et les aménagements,
à partir des crédits fournis par la caisse régionale
du crédit agricole. Le nombre de ces particuliers est actuellement
de 10 (tableau 1). Situation actuelle des pivots au Maroc La volonté d'étendre le système pivot sur la plus grande échelle possible pour la production de céréales a été confirmée à maintes reprises par les hautes instances du Maroc. L'expérience de la coopérative EL KHEIR a été couronnée de succès et l'expérience de la Bahira centrale a été trés encourageante puisqu'elle a permis, dans les premières campagnes, d'enregistrer des rendements moyens dépassant 50 qx/ha. Ceci a poussé, la direction de la Recherche et la Planification de l'Eau a identifié les zones qui sont susceptibles d'être irriguées par les eaux souterraines. Elles correspondent à environ 255 000 ha sur les 600 000 ha préconisés pour être mis en exploitation d'ici l'an 2004 (Belguiti et Bichara, 1992). Jusqu'en fin 1996, 425 unités pivot ont été installées pour une superficie totale équipée de 20 812 ha répartie comme suit (tableau 2). Projets d'avenir Le projet de réalisation de 600 000 ha irrigués, d'ici l'an 2004, en faisant appel à la technologie du centre pivot a étérévisé pour ne concerner qu'une surface de 25 000 ha annuellement. La répartition régionale de ces 25 000 ha est reportée sur le tableau 3. Le lancement de ce programme d'irrigation a débuté en Avril 1994. Les ressources financières à mobiliser pour ces projets, dont la réalisation permettera de porter la production céréalière par pivots à 3 millions de qx/an, seront de l'ordre de 1.299.000 Dh, soit un coût de 51.900 Dh à l'hectare (DAR, 1994). Conclusions L'expérience acquise suite au suivi du pivot de la coopérative El Kheir et celle du projet pilote de Benguerir ont montré que l'introduction et le développement du système centre pivot est tributaire de 2 facteurs: Ressources en eau Si à la rigueur on peut être moins exigent dans la qualité du sol en tant que réservoir hydrique vu la souplesse de gestion du système pivot, il n'en est pas de même pour les quantités d'eau disponibles. En effet, le pivot nécessite un débit fictif continu de l'ordre de 0.25 l/s.ha et un débit de pointe allant de 0,7 à 1,2 l/s selon les exigences hydriques de la culture arrosée. Lesquels débits doivent être maintenus tout au long de la durée de vie du pivot qui est d'environ 20 ans. l'aménagiste sera donc toujours confronté, dès le premier abord, à un problème de connaissance des ressources en eau , en quantité et en qualité. Assimilation de la technique L'objectif par cette démarche est l'acquisition d'expériences et de connaissances. Ces expériences permetteront de juger des performances techniques et économiques du système tels qu'il a été géré réellement dans les conditions marocaines, d'apprécier le degré d'incorporation de ce système dans le milieu rural et enfin de juger de l'opportunité d'étendre davantage l'utilisation de cette technique. Durabilité du système d'exploitation La durabilité de l'exploitation intensive sous irrigation dépendra de l'évolution du volume de l'aquifère (bilan sorties - entrées) et de la qualité des eaux et des sols. A ce propos, le suivi de la qualité des sols soumis à l'irrigation par des eaux de qualité différente est impératif n. REFERENCES Belguiti M. et Bichara S. 1992. Ressources en eau et possibilités de déveleppement de l'irrigation d'appoint. Séminaire ANAPPAV, Juin 1992. DPA d'El Kalâa des Sraghna. 1994. Etude de mise en valeur de la plaine de la Bahira centrale. Tarib
J. 1986. Evaluation d'un système d'irrigation par rampe à pivot
fixe dans une coopérative de la réforme agraire. Mémoire
de 3ème cycle, GR, IAV Hassan II. |
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| © 1998, Bulletin réalisé à l'Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Responsable de l'édition: Prof. Ahmed Bamouh Programme National de Transfert de Technologie en Agriculture (PNTTA) B.P:6446-Instituts, Rabat, Maroc Tél-Fax:(212) 37-77-80-63 |